Haler ses fesses, son cul
Partir vite
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Barrer comme une sagaïe
[baʀekɔmynsagai] |
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Nouvelle-Calédonie | loc. verb. (Familier) Décamper, déguerpir, plus poétiquement prendre la poudre d'escampette, ou bien plus argotiquement : se tirer, se tailler, se carapater, se casser.
Étymologie et origine culturelle On remarque que cet emploi local de barrer correspond à l’emploi connu dans l’hexagone sous la forme pronominale se barrer, au sens de « s’en aller ». Barrer, c’est rayer, en quelque sorte faire disparaître un mot, et, au-delà, une présence. Selon d’autres, les barres sont un jeu, comme une course de relai, où après avoir atteint une barre on repart aussitôt. Selon le BDLP : « le Petit Robert attribue au verbe se barrer le sens de "s'enfuir", sens restreint par rapport au sens calédonien. Le dictionnaire du français non conventionnel mentionne le verbe barrer mais restreint son sens à celui de "partir sous la contrainte" ». On voit donc que l’on suppose une fuite par peur ou obligation, ce que l’emploi familier ne dit pas systématiquement, en ne précisant pas les raisons du départ.
La comparaison, renvoyant à un usage de chasse très ancien, insiste sur la vitesse nécessaire pour atteindre sa cible. À noter, l’usage expressif des tournures pour vanter son habileté à fuir vite, ou à cacher sa couardise. On peut comparer avec l’expression prendre la poudre d'escampette : prendre la poudre semble renvoyer à une formule magique de conte, et escampette, avec son joli suffixe diminutif en -ette, donne un caractère merveilleux, tout comme la sagaïe, mieux qu’une simple flèche, et barrer, euphémisme meilleur que fuir. Ce particularisme de Nouvelle Calédonie a donc toute sa saveur. |
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Déguiller
[degije] |
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Suisse romande | v. intr.
(Figuré) Détaler, fuir rapidement
Étymologie et origine culturelle Le mot, qui se retrouve dans les régions voisines de la Suisse, signifie de façon générale « tomber, faire tomber », avec des sens dérivés signalés par la BDLP, tels que « se suicider ». Autrefois, on jouait fréquemment aux quilles que l’on devait déguiller, c’est-à-dire faire tomber, avec une boule en bois, pour un maximum de quilles renversées. On a pu dire aussi, par extension, déguille-moi cette boule, à la pétanque. C’est ce sens de changement brutal que l’on reprend pour déguiller, « se déplacer rapidement ». Le sens de « détaler » semble plus fréquent dans certaines zones suisses. |
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Haler ses fesses, son cul
[alesefɛs, sɔ̃ky] |
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Louisiane | loc.verb. (Figuré) : Ficher le camp, s'en aller précipitamment, partir à toute vitesse.Étymologie et origine culturelle Selon plusieurs lexicologues, les Louisianais ont voulu distinguer tirer et haler. On dit familièrement se tirer pour s’en aller. Si l’on veut mieux préciser, pour bien visualiser ce que représente le réfléchi se, on recourt à ce qui, dans l'anatomie, craint les coups de pied qu’on peut lui administrer, à savoir les fesses, le cul ou les caniques, comme on dit aux Antilles... [alesefɛs, sɔ̃ky] |
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